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L'adultère dans la Bible

« Celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère
​(et celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère.) »
Mathieu 19 verset 9
Dans notre compréhension, l’adultère est une question de « plaisir » entre deux personnes, dont au moins une est mariée. Bibliquement parlant, l’adultère n’était possible que si un homme (qu’il soit marié ou pas) couchait avec une femme mariée. Un homme marié qui couchait avec une femme célibataire était dans la plupart des cas obligé d'assumer ses responsabilités, c'est à dire de la prendre comme femme (pour les exceptions, cf. mon livre ou lisez attentivement la Bible). En cas de viol, l'homme était condamné à mort. Comme nous avons vu, une femme (même si elle avait été esclave jusqu'au mariage) pouvait obtenir le divorce si le mari ne la traitait pas bien, tandis que selon Jésus, le mari ne pouvait divorcer une femme sauf si cette dernière avait commis une action frôlant l’adultère. La question est délicate, car la formulation juridique dans la Torah est vague, d'autant plus qu'en cas de vrai adultère, la femme et l'homme adultère pouvaient théoriquement être exécutés. Mais, dans la pratique, la loi n'était forcément appliquée. C'est à juste titre que la loi mosaïque soulevait des discussions, d'autant plus que Dieu lui-même avait ordonné à Abraham d'écouter la voix de sa femme Sarah et de divorcer Agar. Dans ce cas précis, le divorce a été prononcé sur ordre de Dieu pour des raisons héréditaires et non pour cause d'adultère.

La problématique de l’adultère est bien résumée dans le texte suivant (Siracide 23.22-24) :

​« Il en va de même pour la femme qui, délaissant son mari, lui suscite un héritier de quelqu’un d’autre ; d’abord elle a désobéi à la Loi du Très-Haut ; ensuite elle a commis une faute contre son mari ; en troisième lieu, elle s’est prostituée dans la fornication et a suscité des enfants d’un autre homme. Elle-même sera traînée devant l’assemblée et l’on fera une enquête au sujet de ses enfants. »
​Le texte n’est pas préoccupé avec un plaisir quelconque, mais avec la descendance. A l’époque il n’y avait pas de contraception. Faire l’amour équivalait souvent à faire un bébé. Ce n’est pas « faire un bébé » qui était problématique, mais « en prendre soin ». Élever des enfants coûte cher, si vous êtes parent, vous l’aurez remarqué. Dans le contexte de Mathieu 19,9 les pharisiens confrontent Jésus au cas de figure où un homme répudierait sa femme à la légère (donc sans raison légalement valable). En cas de problèmes maritaux mineures, la solution biblique aurait été d’épouser une femme supplémentaire, pas de la remplacer. Encore une fois, si la femme n’était pas bien traitée, elle pouvait demandait le divorce, alors que le mari, lui, ne le pouvait pas. « Et celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère » illustre le problème : Jésus considérait une femme divorcée à la légère comme légalement toujours mariée. Notons que Jésus parle d'une femme répudiée contre son gré, et non pas d'une femme qui aurait demandé le divorce parce que son mari l'avait négligée (sur le plan sexuel, matériel ou alimentaire).
Ceci contraste avec la loi des Romains, où une femme restait sous tutelle toute sa vie, et qui était divorcée par son mari ou par son père. C'est sous l'empereur Auguste qu'une femme pouvait s'affranchir de la tutelle à condition d'avoir mis au monde au moins trois enfants. 
Dans mon livre j’illustrerai la problématique du divorce et de l'adultère avec d’autres textes révélateurs. Il y a notamment un passage dans le prophète Malachie, qui est probablement encore plus parlant que celui que je viens de citer. Mais il s'agit en l'occurrence d'un passage que certains spécialistes jugent parmi les plus difficiles à traduire dans tout l'Ancien Testament. Face à la difficulté de le traduire correctement, les traducteurs de nos Bibles s'inspirent généralement plus de la pensée ecclésiastique que de la problématique sociale qui a amené le prophète à rédiger la péricope en question. 
Brièvement résumé on peut dire que l'adultère est associé dans notre compréhension à un plaisir charnel, alors que dans la Bible, il véhicule surtout une notion de responsabilité. 
De Chris Zürcher. Page mise à jour le 24 janvier 2026
By Chris Zürcher. Site updated on 14 July 2026
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