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Divorcer n'était pas une option !

« Mon cancer, comparé au divorce de mon fils, est une eau sucrée ! »

Ca commence mal

​Malgré l'apparence intacte que moi-même et mes proches essayions de transmettre de toutes nos forces pendant de nombreuses années, mon mariage était tout sauf harmonieux. Durant les premières années je pleurais régulièrement deux fois par jour : Le matin, lorsque j'allais au travail en scooter, et le soir, lorsque je rentrais à la maison. Au fond, le problème était simple. Nous n'étions pas faits l'un pour l'autre, ni sur le plan relationnel, ni sur le plan émotionnel, ni sur le plan sexuel. Pas des mondes, des univers nous séparent !
Mes parents étaient parfaitement au courant de cette situation, comme le montre le simple le fait que je recevais de ma mère, dès le départ non seulement des vitamines et des fortifiants de manière presque mensuelle jusqu’à sa mort, mais aussi sporadiquement toutes sortes de médicaments tels que des comprimés détente Zeller, du Stilnox (un somnifère), du Lexotanil (un calmant) ou même des antidépresseurs de la table de chevet mon père. Que les choses soit claires : Ma maman n’était pas médecin, ni pharmacienne. Elle-même a dû recevoir ces médicaments sur prescription d'un médecin. Me faire mettre en congé maladie ou accepter de l’aide psychiatrique... Assurément, ce n’est ni le soutien pratique – pour garder les enfants ou payer des vacances familiales par exemple – ni les conseils bien intentionnés ou des fleuves de versets bibliques qui manquaient. Il n'y avait qu'une seule chose qui était hors question : Le divorce. La mort aurait été la seule issue à un mariage malheureux. 

Dans ma détresse j'ai une fois écris à ma mère, « j'ai horreur de ma femme, j'ai horreur de ma femme, j'ai horreur de ma femme ». Tout parent raisonnable aurait le plus tard à ce moment-ci proposer à leur enfant de sérieusement considérer le divorce. Or, comme conséquence mes parents ont voulu me mettre dans une psychiatrie. N'avais-je pas dans ma jeunesse déjà fait preuve de labilité? Les psychologues proposés et dans deux cas organisés étaient toujours du mouvement évangélique eux aussi, car il fallait qu'ils aient le Saint Esprit. 
Avec le recul, je suis reconnaissant à Dieu aujourd'hui que notre mariage n'ait pas fini dans un bain de sang. 
« Trois âmes valent mieux qu'une », était la devise de ma mère, les « trois âmes » se référant à mes enfants. Je n'ai appris cela d'une personne proche de maman qu'après le décès de celle-ci. Le divorce, une question de vie ou de mort, oui, du salut même des âmes ! « Tant que les enfants ne sont pas adultes », était le conseil avisé de mon père, « tu dois serrer les dents ! » Mon père est resté insensibles à mes souffrances toutes ces années. En mon absence, la sœur de ma maman (la femme de l'Italien) a souvent essayé de prendre ma défense. « Que ferais-tu, » a-t-elle une fois questionné son beau-frère, « si tu avais marié une femme comme ta belle-fille ? » « Eh ben, » a-t-il froidement rétorqué, « il se trouve que je n'ai pas marié une telle femme ! » La discussion était terminée. Ce genre de remarques irritaient mon père, même si la plupart du temps il s'enveloppait de silence. Que pouvait bien comprendre une femme aussi mondaine, qui manifestement ne savait pas grand-chose à la crainte de Dieu, à la guidance divine et aux épreuves célestes ? Ma mère était plus sensible et, comme sa sœur, souffrait secrètement de ma situation, mais elle était fortement influencée par la ligne dure de son mari en matière de théologie. Son cancer n'était pas un hasard. Quant à moi, j'ai souvent supplié Dieu à genoux de mettre un terme à ma vie, un vœu indirectement exprimé également dans une chanson que j'ai écrite et enregistrée en 2014 : Elle s'intitule Not Without You (cf. « cœur noir »). ​

Les années les plus sombres de ma vie

Les premières années de notre mariage je cherchais les causes de mon malaise dans le monde invisible. Je soupçonnais des impuretés dans mon cœur et peut-être dans celui de ma compagne, ou alors des attaques du diable qui voulait m'empêcher de servir le Seigneur, voir une combinaison de tous ces éléments. Du coup, je m'enfonçais de plus en plus dans le fanatisme religieux: 
En été 2008, j'ai rompu le contact avec une famille qui me rappelle aujourd'hui celle qui a commis un suicide collectif en mars 2022 à Montreux (cf. l’article de presse ici), dans la mesure où elle s’était isolé non seulement du monde, mais aussi du monde évangélique. Selon mes souvenir nous étions les seuls à les soutenir spirituellement et financièrement dans la mesure de nos possibilités modestes. Nous avions fait la connaissance de deux de leurs fils à l’institut biblique d’Emmaüs à St. Légier, un centre de formation évangélique qui réunit des croyants des mouvements les plus diverses. La famille était en fuite des forces démoniaques, représentées par des magiciens, des satanistes et un monde déchu, noir. Je me rappelle par exemple que ces deux étudiants fréquentaient l’armée du salut à Vevey, car les étudiants d'Emmaüs sont encouragés à se joindre à une paroisse locale. Or, ils avaient repéré dans cette communauté un homme bizarre, « un sataniste » m’expliquaient-ils avec preuve à l’appui : En peu de temps, trois mariages y avaient été dissous. De toute évidence, des agents du diable avaient infiltré la communauté. Naïf que j’étais je leur croyais à fond. Quel don de discernement des esprits était le leur ! Leur père avait même su sauver une fille partiellement paralysée de sa maman, qui était une sorcière selon leurs dires. Grâce à la prière, la fillette a même pu refaire quelques pas ! La famille en question était recherchée par la police pour enlèvement de mineur, car la fille n’avait que 17 ans. Dans la nuit et le brouillard, ils avaient embarqué la fille avec son consentement pour quitter l'Allemagne – le temps qu'elle atteigne sa majorité – et se trouvaient à ce moment-ci aux Pays-Bas. Ou s'étaient-ils réfugiés en Belgique ? Je ne me rappelle plus exactement, tellement avaient-ils changé d'endroits en cours de leur carrière d'apôtres. Environs 3 ans plus tôt nous avions fait connaissance de nos deux amis, adepte de complotismes avec des liens qui remontent vers Erlo Stegen et le mouvement Kwasizabuntu. D'ailleurs, la secte Kwasizabuntu a également pris racine en Suisse (voir ici). J'ai également appris de ces deux frères qu'il y aurait un petit groupe de fanatiques qui caresseraient l'idée de faire sauter la mosquée Al-Aqsa sur le Mont du Temple à Jérusalem, afin de pouvoir construire le troisième temple juif, selon le prophète Ezéchiel. Ils ont trouvé cette idée excellente. Le combat spirituel à leurs côtés était la folie totale. Pendant des heures nous lisions des psaumes d’imprécations tels que le Psaume 109 avec prières et jeûnes dans une lutte effrénée contre ces forces sataniquement impitoyables, représentées par cette sorcière et d’autres magiciens. La peur des démons m’a presque détruit. Le moindre bruit – une porte grinçante – et déjà je soupçonnais la main d'un démon. Mon épouse m’avait dissuadé de rompre avec eux plus d'une fois. ​Nous avons finalement coupé tout contact et lien avec eux en 2008 et j‘ai effacé tout ce qui les concernait (les numéros de téléphones, les lettres etc.). C’était la période la plus sombre de ma vie, et comme mécanisme de protection, j’ai refoulé ces évènements. C’est grâce à la thérapie avec une psychologue que j‘ai commencé en 2023 que certains souvenirs me reviennent, même si la plupart restent vagues (en psychologie on appelle cela « amnésie dissociative »). Je n’arrive par exemple plus à me souvenirs de la plupart des prénoms des personnes impliquées. ​

« Jusqu'à ce que la mort vous sépare » !

« Dieu n'a-t-il pas délivré Abigaïl de son mari insensé Nabal par une mort subite, grâce à sa crainte de Dieu et à sa persévérance ? » ciselaient avec une dureté implacable des prédicateurs amateurs fidèles à la Bible et débordant de l'amour de Dieu, dans mon cœur doux, sensible et docile, lorsqu'il était à nouveau question du roi David lors du service religieux. Sauf que, dans mon cas, contrairement à Nabal, ma femme n'était pas méchante. Mais ma situation maritale restait un immense défi. « Jusqu'à ce que la mort vous sépare », le pasteur avait dit lors de notre cérémonie de mariage. En effet, il n'y avait que la mort qui pouvait mettre fin à ma souffrance, soit la mienne, soit celle de ma femme. 

​Autour de notre maison poussaient des mauvaises herbes, surtout 
une mauvaise herbe, le rumex, qui allait devenir l’exutoire de mon désespoir conjugal. Pour limiter la longueur de cette page j’y dédie une autre (cf. « Rumex »). ​

Le divorce dans le Nouveau Testament

​L'attitude traditionnellement hostile de l'Église vis-à-vis du divorce remonte principalement à des déclarations de Jésus concernant la loi juive sur le divorce dans la Torah (i.e. les 5 premiers livres de la Bible).
« Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre commet un adultère à son égard ; ... »
​Marc 10 verset 11
« Celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère
​(et celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère.) »
Mathieu 19 verset 9
L'adultère était alors passible de la peine de mort. ​Ces déclarations de Jésus, si on les sort de leur contexte juif et si on les considère d'un point de vue monogame, signifieraient qu'un homme ne peut divorcer et remarier que si sa femme a été infidèle. Cette idée est si absurde qu'au vingt-et-unième siècle, même la plupart des théologiens des milieux évangéliques hésitent à la prendre au pied de la lettre. Mais traditionnellement, c'est ainsi que l'Église a interprété ces déclarations. Selon l'Église catholique, le mariage est aujourd'hui encore « indissoluble » et le divorce est toujours illégal dans les Philippines fortement catholiques. Le fait que l'adultère signifiait dans la Bible quelque chose de très différent de ce qu'il signifie chez nous aujourd'hui n'est généralement pas pris en considération (cf. « adultère »). ​​La conviction de l'Église selon laquelle Jésus devait être un partisan de la monogamie et un adversaire de la polygamie interdit aux chrétiens de comprendre la problématique à laquelle le Christ était confronté. 

Je commence mes recherches théologiques

J'avais commencé une école biblique dans le monde évangélique peu avant de faire la connaissance de mon ex-femme et j'avais terminé la troisième année peu après notre mariage. Or, le fossé entre mes convictions théologiques initiales et mon vécu personnel s'est constamment creusé, jusqu'à ce qu'en août 2016 je prenne la décision d'arrêter de fréquenter le monde évangélique et de me pencher de manière vraiment sérieuse cette fois-ci sur la question de la véracité de mes fondements théologiques. En février de cette année j'avais pour la toute première fois commencé à réaliser petit à petit que la monogamie et notre système judiciaire – dont le divorce – ne venaient pas du Nouveau Testament, mais des Romains. Est-ce que bibliquement parlant, il y avait une autre solution à ma situation désespérée que ma mort ou celle de ma femme ? Pour la toute première fois de ma vie j'ai osé ouvrir des livres d'historiens et de théologiens qui pensent différemment, moi qui n'avais pas osé lire des livres sans l'aval de mon ancien « ami », le professeur en théologie, maître en fidélité à la Parole de Dieu. Et j'ai aussi commencé à étudier les langues des écritures sacrées. Comme j’étais conscient qu'un divorce aurait des conséquences radicales, j'ai cherché pendant plusieurs années dans la Bible des réponses à des thèmes liés au mariage, au divorce et à la sexualité. À mon grand étonnement, j'ai ainsi découvert que l’enseignement sur le divorce dans le Nouveau Testament résultait d'une question d'interprétation de la constitution hébraïque, c'est-à-dire de la Torah. Or, la base juridique du divorce était liée à la base juridique du mariage, c'est-à-dire de la polygamie. 

Le compromis

​Dans mon désespoir de ne pas devoir divorcer de ma femme j'ai conclu logiquement et fait exactement la proposition biblique qu'implique la doctrine de Jésus sur le divorce comme alternative légale et acceptée :
La polygamie !
Le film « ​Sully » avec Tom Hanks retrace l'exploit survenu le 15 janvier 2009, lorsqu'un Airbus A320 de la compagnie US Airways a percuté un vol d'oiseaux peu après son décollage de New York. Privé de ses deux réacteurs à très basse altitude, le pilote avait réussi un amerrissage d'urgence sur le fleuve Hudson, sauvant ainsi la vie des 155 passagers et membres d'équipage. L'enquête menée contre le commandant Chesley « Sully » Sullenberger visait à déterminer si sa décision de poser son Airbus A320 sur le fleuve Hudson était justifiée. Le Conseil national de la sécurité des transports (NTSB) cherchait à prouver que le pilote aurait techniquement eu le temps de retourner à l'aéroport de LaGuardia ou de se dérouter vers celui de Teterboro. Le rapport final a complètement disculpé le capitaine Sullenberger. Retourner à un des aéroports les plus proches n'aurait été possible que si le pilote avait sauté tout le protocole d'urgence (essayer de redémarrer les réacteurs par exemple) pour directement retourner à un aéroport. Le temps de connaître le résultat du protocole d'urgence (35 secondes seulement!) atterrir sur le Hudson restait la seule option pour sauver la vie des passagers et des membres d'équipage.

​Quel est le rapport entre cette histoire et ma situation ? D'un côté, je n'étais pas loin de perdre la vie. D'un autre, ce n'est souvent qu'avec le recul que les choses deviennent plus claires. Mon fanatisme religieux, les rêves nocturnes que ma femme allait mourir et que j'allais épouser une autre, mes luttes acharnées pour rester fidèle à ma compagne et pour éviter un divorce à tout prix, je n'ai été capable d'en discerner les causes et de les formuler clairement, seulement une fois que j'avais quitté les mouvements évangéliques. Ceci n'a pas prix 35 secondes, mais plus de 35 années pour découvrir que aussi bien les fondements que les protocoles d'urgences qu'on m'avais inculqués dès le berceau étaient pourris. En 2021, j'étais loin de pouvoir articuler tout cela de manière aussi claire. En ce moment-là je me voyais encore partiellement dans ce mouvement. Mais j’étais dans une impasse. Je ne savais pas à qui m’adresser. J’ai donc commencé à écrire ce qui va donner naissance au livre dont ce site web est un petit résumé. Et j’ai également commencé à publier le précurseur de ce site web sur Internet. Inutile de dire que ce site-web (maintenant 1plus2.info) a beaucoup évolué depuis. Mais à la base, la publication était un cri au secours. Quand on l’a découvert en mars 2021 on m’a pris pour un fou. ​Ma proposition de prendre une deuxième femme a fait l'effet d'une bombe, surtout auprès de mes parents.
​J'ai donc demandé le divorce.

Les conséquences

En été 2018, ma mère a reçu une convocation de son médecin pour un examen préventif, car elle présentait des facteurs de risque de cancer du sein. « Mon temps est entre les mains du Seigneur », telle était la devise confiante de mes parents. L'invitation a donc été jetée au vieux papier sans qu'ils y prêtent attention. Lorsqu'elle s'est rendue d'urgence chez le gynécologue en décembre de la même année, elle avait déjà une première métastase. Lorsque j'ai voulu savoir plus tard pourquoi mes parents n'avaient pas tenu compte de la lettre du médecin, mon père s'est mis en colère. En cas de divergence d'opinion ou de conflit, mon père réagit soit par le silence (il sait tout simplement mieux), soit par la colère. Il n'a pas répondu à ma question jusqu'à ce jour. En décembre 2022, ma mère est morte dans d'atroces souffrances après quatre longues années de combat. Elle ne supportait pas la morphine et ne voulait pas être plongée dans un coma artificiel à la fin. Lorsqu'elle a appris au printemps 2021 que je voulais divorcer – elle souffrait déjà de son cancer depuis près de deux ans et demi et connaissait parfaitement les chimiothérapies, les radiothérapies et les opérations avec tous leurs effets secondaires –, elle a dit :
« Mon cancer, comparé au divorce de mon fils, est une eau sucrée ! »
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Ma maman: ses cheveux recommencent à pousser (automne 2020, 2 ans avant sa mort))
Ma maman: 6 semaines avant sa mort (octobre 2022)
​C’est ce que j’ai appris de deux personnes à qui elle l’a dit de manière indépendante à l’une et à l’autre. Ma maman a même coupé le contact avec sa cousine, une de ses meilleures amies, quand elle a appris que cette dernière avait non seulement témoigné de la compréhension à mon égard, mais m'avais même invité pour un repas chez elle. Comme j'allais apprendre par la suite, le mari nonagénaire de cette cousine était choqué et a dit de n'avoir jamais vu dans toute sa vie pleurer un homme aussi amèrement que moi. Après quelque temps, ma maman a repris contact, mais cette coupure en dit long. ​Un autre événement a été dur à avaler : Quand ma maman était mourante et qu'elle voulait encore une dernière fois voir ses petits-enfants, c'est à mon ex-femme qu'elle a téléphoné – et non moi – pour que cette dernière amènes mes enfants. Donc, ses petits-enfants n'étaient pas mes enfants, mais ceux de mon ex-femme. Par conséquent, lorsqu'il s'agissait de questions juridiques liées à notre divorce, ils ont soutenu leur belle-fille, et non leur fils. 
​Deux jours avant sa mort, ma mère avouait toutefois à sa sœur (la femme de l'Italien) dans la peine : « Pendant longtemps, cela ne voulait pas entrer dans ma tête, mais aujourd'hui, je sais que divorcer était la bonne chose à faire pour Chris. »
​J'ai appris plusieurs choses sur moi-même lors de la maladie de ma mère, dont la suivante : Même dans d'énormes souffrances, lorsqu'une visite ou qu'un médecin entrait, elle s'est reprise avec beaucoup d'effort pour montrer son sourire : « Non, non, je vais bien » essayait-elle à faire croire même au corps médical. Ceci m'a parfois énervé. Or, c'était exactement comme cela que j'avais réagis pendant toutes mes années de mariage : « Surtout ne pas montrer comment je vais ! » J'ai ainsi inconsciemment copié le rôle de mes parents en ce sens que, contrairement à mon père, je ne me mettais jamais en colère, mais j'essayais, comme ma mère, de rafistoler les verres cassés du mieux que je pouvais. Ce que j'aurais au fond souhaité, c'est que mon épouse soit capable de me lire, comme ma maman l'avait fait toute sa vie. D'une part, ma femme aurait eu besoin d'un homme qui tape du poing sur la table de temps en temps pour dire « ça suffit ». D'autre part, je n'avais jamais été équipé des outils nécessaires pour faire part de ma détresse à ma femme. De son point de vue, mes rêves et mon fanatisme étaient probablement un amas confus qui n'avait ni queue ni tête. Quand j'ai demandé le divorce, je crois qu'un monde s'est écroulé pour elle, car elle n'avait pas vu venir le coup. 
​Peu après la séparation j'ai rencontré une personne âgée d'un milieu évangélique comparable à celui que je fréquentais qui avait fini par divorcer elle aussi. Contrairement à moi elle a pu attendre jusqu'à ce que ses enfants aient été majeurs. Elle m'a témoigné que ses propres parents auraient préféré de la voir sous terre plutôt que divorcée, alors même qu'ils savaient pertinemment à quel point elle souffrait dans son mariage. ​

Je découvre la pole-dance

​C’est un homme brisé, au bord du suicide qui s’est inscrit en mai 2021 dans un fitness à Lausanne – j'étais en pleine séparation. J’étais détruit au point d’être incapable de correctement demander un verre d’eau à la jolie dame à la réception sans bégayer. Elle s’appelait Cindy. Et c’est en homme brisé, intérieurement tremblant que j’ai mis pour la première fois mes pieds dans une salle de pôle. C'était le 12 juillet 2021 ! J'ai écrit un chant qui porte le titre de cette date même. La pole-dance est à beaucoup de niveau l'antithèse de ma vie antérieure. Vous apprendrez plus sur la page que j'y dédie, mais suggère d'abord de lire l'intégralité du site-web, à cause des nombreuses références à différents sujets abordés ici :
12 juillet 2021
Quand mon ex-femme a appris que je faisais de la pôle elle m'a dit : « Ah oui, tu fais ta crise d'adolescence quoi ! » C'est le genre de remarques qui me laisse abasourdi. Imaginez-vous que votre partenaire vous prenne pour un clown en train de faire sa crise d'adolescence, alors qu'en réalité vous n'êtes qu'en train d'éviter le suicide. Le plus malheureux, c'est que ce n'est même pas l'expression de malveillance, mais d'une incapacité à vous interpréter correctement. Après 17 ans de mariage mon ex-femme ne sait toujours pas qui je suis. Une décennie plus tôt j'avais une fois écrit à ma tante : « Après 6 ans de mariage, ma femme ne me connaît toujours pas ! » Rien n’a changé depuis !
Quand mon papa a appris que j'avais commencé un nouveau sport, son visage s'est décomposé. Une longue pause glaciale a suivi. Finalement, la seule phrase qu'il a pu articuler a été : « Eh ben, c'est toi qui dois savoir ». La discussion était terminée. Comme j'ai appris par la suite, il était dévasté :
« Maintenant mon fils vit dans le péché ! »
Or, vivre dans le péché, dans le langage évangélique cela veut dire jouer son salut. 
Le pole-sport, du striptease ? Mon oeil ! En janvier 2025 la Swiss Pole- & Aerial Sports Federation (SPSF) est devenue membre de Swiss Olympic (spsf.ch). Je fais d'ailleurs partie du comité de la SPSF. J'ai également fait une formation professionnelle (senpeza.ch) et j'ai enseigné la pôle en 2025 chez Freespirit à Vevey (vevey.acropolestudio.ch/) ou pour les championnats de Suisse 2026 en tant qu'entraîneur de compétition. 
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​On n’en a quasiment plus jamais parlé, mais étant donné que mon papa a pu observer que je ne suis devenu ni libertin, ni délinquant, ni clochard, que je continue à travailler honnêtement et à vivre normalement, sa vision sombre de la pôle a dû s’atténuer. Mais un malaise persiste.
En septembre 2023, neuf mois après le décès de son épouse mon papa s'est remarié avec une amie qui avait divorcé bien des années plus tôt, quelque chose qui s'est produit – comme mon père aime souligner – à un moment où elle n'était pas encore chrétienne. Même si ce genre de réflexions n'a rien d'inhabituel dans mon entourage et qu'il semble assez anodin, l'idée sous-jacente est bien la suivante : « Un vrai chrétien, ça ne divorce pas ! » 
Que ce soit à l'enterrement de ma mère ou au remariage de mon père, c'est de ma part que presque toutes les connaissances de mes parents, que je n'avais pas vues depuis longtemps, ont appris que j'étais séparée depuis deux, respectivement trois ans et en procédure de divorce. Une amie allemande est restée bouche bée et a failli s'effondrer. En dehors de leur cercle d'amis proches, mes parents n'avaient dit à personne que j'avais engagé une procédure de divorce. La honte que j'avais infligée à ma famille était trop grande ! 
Voyons, tout autre homme aurait tout simplement été infidèle et s'en serait bien mieux sorti. Ce que mon histoire m'a appris, c'est que l'aile extrême droite du mouvement évangélique a beau revendiquer être « fidèle à la Parole de Dieu » (c'est-à-dire la Bible qu'elle revendique être la vérité), au fond, la vérité ne l'intéresse que dans la mesure où elle semble affirmer sa propre vision du monde. Le dimanche à l'église ces gens remplis de l'Esprit de Dieu peuvent s'émerveiller de la piété du grand roi David, homme polygame et auteur de textes magnifiques tels que le Psaume 23, 119 et bien d'autres, mais si moi je débarque et défends le polyamour, c'est l'enfer qui brûle.​ Bien sûr, proposer le polyamour à mon ex-femme est ridicule, voir choquant, car elle aurait considéré une deuxième femme comme concurrente. Mais ma proposition adressée à une personne hétérosexuelle reflète autant mon désespoir que l'absurdité de mon entourage pour qui un divorce est inconcevable, au point d'exclure toute personne de la communauté qui ose le faire. Même si officiellement, je n'ai jamais été exclu d'un cercle quelconque, les réactions de mes proches et de mes « ​amis » d'antan revenaient à cela. Si l'on veut prendre Jésus à la lettre, il faut aussi considérer le contexte de cette dernière. Ma proposition était bibliquement correcte.​ Au fond, ce que j'avais fait était simplement pousser le système de pensée de mon entourage (« La Bible, la Bible seule ! ») jusqu'au bout de la logique. ​
Il y a une chose dont je suis aujourd’hui absolument certain, c'est que les chrétiens qui ne cessent de clamer à tout bout de rue avec le mégaphone d'être fidèles à la Parole de Dieu, doivent le faire précisément parce qu'il ne le sont pas. 
Me marier était la plus grande erreur, et demander le divorce la meilleure décision de toute ma vie. Or, le monde évangélique dans lequel j'ai baigné est renfermé sur soi-même. Les gens y vivent dans une bulle, dans un monde parallèle qui fait fi de tous les faits qui ne correspondent pas à leur vision du monde. Ainsi, la nouvelle femme de mon papa est convaincue que j'avais les yeux de Chimène pour mon ex-femme, lors d'une occasion où elle nous a vus ensemble. Et un moment donné mon père a créé un groupe sur Signal pour nous intitulé « ChriMxx », faisant référence à notre adresse e-mail que nous avions jusqu'à la rupture, composée des premières lettres de nos prénoms respectifs. Et il a entamé la discussion avec un verset biblique, à savoir Psaume 42,5 « Attends-toi à Dieu, car je le célébrerai encore pour son salut ». Je suis tombé des nues. Ma psychothérapeute n'en revenait pas, elle non plus. « Vous n’avez visiblement pas la même fréquence radio » s’est-elle exclamé ! Après toutes les peines que mon père m'a vu traverser, pense-t-il encore que ce soit la volonté divine que nous nous remettions ensemble ? Demandez seulement à mon ex-femme si elle veut revenir, elle va vous le dire. « Je voulais organiser une fête d'anniversaire pour ma femme », a expliqué mon père plus tard. Or, quand quelqu'un organise un évènement, et qu'il crée pour cela un groupe WhatsApp, il va l'intituler avec un nom qui a un lien avec l'évènement (par exemple : « anniversaire de X ») et non pas avec les initiales des invités, non ? Et il n'y avait aucune allusion quelconque à l'organisation d'un anniversaire, c'est seulement l'explication que mon père a donnée par la suite, car moi j'ai aussitôt quitté le groupe et j'ai bloqué temporairement mon papa. 
Avant d'examiner de plus près l'enseignement du Christ sur le divorce (cf. « Polygamie & divorce dans la Bible »), ou de l'origine de la monogamie (cf. « Monogamie »), il faut d'abord aborder mon deuxième, immense problème :
Sexe
Par Chris Zürcher. Page mise à jour le 23 mai 2026
By Chris Zürcher. Site updated on 14 July 2026
​​© 2026 www.1plus2.info
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